Cet article présente des extraits du podcast L’atelier Myrettes, disponible sur les plateformes d’écoute.
Elle accompagne des particuliers et des professionnels dans l’acquisition d’œuvres, découvre de nouveaux artistes, sélectionne leurs travaux et imagine également des projets de curation et des expositions.
Alors je lui ai posé les questions que nous nous posons souvent entre artistes… mais auxquelles il est particulièrement intéressant d’entendre répondre quelqu’un qui se trouve en face.
Quelle différence entre un art advisor, une curatrice et une galerie d’art ?
Comment travaille t’elle avec ses client.es ? Quelles sont ses valeurs ?
Qu’est-ce qui attire son attention lorsqu’elle découvre un artiste ?
Qu’est-ce qui lui donne envie d’aller voir son portfolio ?
Que regarde-t-elle sur Instagram ?
Comment faut-il contacter un professionnel du monde de l’art ?
Et à partir de quand peut-on considérer qu’un artiste est réellement prêt à rencontrer ses collectionneurs ?
Une conversation passionnante et sans tabou sur le monde de l’art.
Dans la pratique d’Emmanuelle, les choses commencent souvent beaucoup plus simplement : par une rencontre esthétique. Il faut d’abord qu’une œuvre provoque quelque chose.
Mais une fois ce premier intérêt créé, l’acheteur cherche souvent à comprendre davantage ce qu’il regarde : qui est l’artiste ? Quelle est sa démarche ? Qu’est-ce qui relie ses différentes œuvres ?
C’est là qu’apparaît l’une des idées fortes de notre échange : la cohérence. Pas l’uniformité.
Un artiste peut changer de médium, faire évoluer son esthétique ou développer plusieurs séries. Ce qui compte davantage est de pouvoir percevoir un fil rouge permettant de comprendre ce qui traverse son travail. Et cette question du fil rouge dépasse largement la communication.
Elle touche directement à ce que j’appelle la direction créative : comprendre ce qui nous anime, ce que l’on cherche, ce que l’on raconte et comment différentes explorations peuvent appartenir au même univers.
C’est précisément le travail que je propose dans ma formation Clarté & identité créative : non pas vous enfermer dans une case ou vous imposer une esthétique, mais vous aider à identifier les repères qui permettent de créer avec davantage de cohérence tout en continuant à évoluer.
Mais ce qu’elle y cherche est intéressant. Elle ne parle pas seulement de belles images ou d’un feed parfaitement construit.
Lorsqu’elle arrive sur un compte, elle a besoin de comprendre assez rapidement à qui elle a affaire, ce que cette personne crée et comment elle travaille.
Autrement dit : Instagram n’est pas seulement une galerie d’images. Il participe aussi à la rencontre.
Quelles informations faut-il faire apparaître ?
Faut-il se montrer ?
Quelle place donner à sa démarche ?
À quoi ressemble un compte qui donne envie de poursuivre la découverte plutôt qu’un compte qui reste trop « fantomatique » ?
🎧 Dans l’épisode, Emmanuelle détaille les éléments qu’elle regarde lorsqu’elle découvre un artiste sur Instagram et ce qui peut lui donner envie d’aller consulter son travail plus en profondeur.
Parce que nous pouvons facilement avoir l’impression qu’il faut avoir énormément produit, un discours parfaitement construit ou une carrière déjà bien installée avant d’oser montrer son travail. La réponse d’Emmanuelle est beaucoup plus concrète.
Pour qu’une rencontre avec un acheteur puisse réellement avoir lieu, il faut notamment pouvoir lui montrer des œuvres suffisamment abouties… et être capable de lui donner quelques clés pour les comprendre.
Pas besoin de rédiger une thèse sur chaque création. Mais raconter une technique, expliquer un choix, parler du point de départ d’une œuvre ou simplement montrer comment elle a été réalisée peut complètement changer la manière dont elle est perçue.
Ce qui est évident pour quelqu’un qui passe ses journées dans son atelier peut être totalement mystérieux pour la personne qui découvre son univers.
Et c’est probablement l’un des conseils les plus rassurants de cet épisode : parler de son travail s’apprend.
Mais que faut-il envoyer ? Un message Instagram ?
Un mail ? Son portfolio ?
Son site ? Plusieurs publications ?
Peut-on relancer lorsqu’on n’obtient pas de réponse ?
Sur ce point, Emmanuelle partage une expérience très concrète : elle reçoit régulièrement des sollicitations d’artistes et conserve certains portfolios pour y revenir plusieurs mois plus tard lorsqu’un projet correspond enfin à leur travail.
Autrement dit, l’absence de réponse immédiate ne raconte pas toujours ce que l’on imagine.
Et la manière de prendre contact compte également.
Entre le message générique envoyé à une longue liste de professionnels et une approche qui montre que l’on sait réellement à qui l’on s’adresse, la différence peut être importante.
🎧 Écoutez le podcast pour découvrir les conseils d’Emmanuelle pour contacter un professionnel du monde de l’art, savoir quoi lui envoyer et relancer sans être insistant.
Mais que doit-il contenir ?
Combien d’œuvres montrer ?
Faut-il intégrer toutes ses séries ?
Quelle place donner à sa biographie ?
À sa démarche ? À son parcours ?
Et comment présenter plusieurs médiums sans produire un document qui ressemble à un catalogue fourre-tout ?
L’enjeu est subtil : le portfolio doit donner suffisamment d’informations pour comprendre votre univers, tout en laissant l’envie d’en découvrir davantage.
Je termine donc l’épisode avec Emmanuelle sur une séquence particulièrement concrète autour de la construction d’un bon portfolio d’artiste.
🎧 Écoutez l’épisode jusqu’au bout pour découvrir la structure de portfolio recommandée par Emmanuelle, ce qu’elle conseille de montrer dès la première page et les éléments qu’elle regarde lorsqu’elle reçoit un dossier.
Il faut aussi permettre aux autres de comprendre ce qu’ils regardent.
Parce qu’au bout du compte, ce n’est pas uniquement une question de visibilité.
C’est une question de connexion entre un travail, une personne et quelqu’un qui va soudain avoir envie de s’y arrêter.
Retrouvez l’intégralité de ma conversation avec Emmanuelle Callerame, fondatrice de the new curator, dans l’épisode 5 du podcast À l’atelier.
Nous y parlons de marché de l’art, de collectionneurs, d’Instagram, de portfolio, de prospection, de prix, de démarche artistique et de la place des artistes et artisans d’art dans cet écosystème.
Pour la deuxième année consécutive, the new curator investit le showroom parisien de Miliboo pour une grande exposition collective.
Cette nouvelle édition s’articule autour du thème « Métamorphoses » et réunira plus de 80 œuvres originales, avec plusieurs médiums et pratiques artistiques réunis dans les 1 500 m² du showroom. Plus d’infos sur l’instagram de the new curator
Lieu : Miliboo Paris Madeleine, 14 boulevard de la Madeleine, Paris 8e
Emmanuelle Callerame lance un service de relecture de portfolio destiné aux artistes.
Cette nouvelle offre s’appuie sur son expérience de relecture de plus d’une centaine de portfolios d’artistes.
Revue ARGUMENT citée dans la conversation :
www.revue-argument.fr
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